Conseil départemental de la Vendée

Vendée Globe 2020 : le journal de bord

Publié le 17/11/2020 à 10:34
Modifié le 17/11/2020 à 11:23
Retrouvez le journal de bord de la neuvième édition du Vendée Globe. Jour après jour, suivez l'aventure des 33 marins, femmes et hommes, engagés dans l'Everest des mers.

Semaine 12 : les folles premières arrivées, la victoire de Bestaven

Dimanche 31 janvier - jour 83 : Le skipper français Armel Tripon (L'Occitane en Provence), est attendu demain, 1er février au matin. Ses dernières 24 heures de course risquent d’être très musclées dans le golfe de Gascogne où l’on prévoit des rafales à 55 nœuds et 5 m de creux. Le skipper de 45 ans, a été contraint de ralentir sa progression, sous la menace de la tempête Justine et une nouvelle dépression arrive. 

Clarisse Crémer (Banque Populaire X), qui devrait être la première navigatrice à terminer ce Vendée Globe, a choisi de naviguer plus à l'ouest et a doublé l'archipel des Açores. Sa fin de parcours risque elle aussi d’être marquée par des conditions de mer encore assez fortes. « J’ai fait un gros check du bateau. A l’approche de l’arrivée on devient un peu parano, on ne veut pas qu’il nous arrive un truc débile. Y a environ 20 personnes qui me demandent chaque jour quand je pense arriver mais c’est assez difficile de répondre à cette question, a-t-elle expliqué lors de sa vacation de vendredi. J’ai lu toutes les vacations, j’avoue avoir versé une petite larme à chaque fois. On voit ressortir toutes les personnalités et les histoires de chacun », avoue la skippeuse. Mais pas question pour elle de se laisser déconcentrer. « Je verse ma larme et je me tape sur les joues pour me ressaisir ». 

Pour elle, la course n’est pas encore terminée tout comme Manuel Cousin (Groupe Sétin) qui navigue actuellement en 21e position. « Il y a beaucoup de grains à gérer donc pas beaucoup de sommeil, a-t-il rapporté lors de sa vacation de samedi. Je ne connaissais pas bien la remontée de l’Atlantique Sud. Ça n’a pas été un long fleuve tranquille. J’ai énormément manœuvré. Il y a les copains derrière, Miranda et Clément, qui ne lâchent rien. Ça nous boost mais c’est bien usant ». Prochaine étape « compliquée » pour lui, le Pot au noir. 

Classement samedi à 17h00 GMT des skippers encore en course : 

11. Armel Tripon (FRA/L'Occitane en Provence) à 443,0 milles de l'arrivée 

12. Clarisse Cremer (FRA/Banque Populaire X) 1.088,7 

13. Romain Attanasio (FRA/Pure-Best Western) 1.864,0 

14. Jérémie Beyou (FRA/Charal) 1.913,5 

15. Arnaud Boissières (FRA/La Mie Câline-Artisans Artipôle) 2.539,6 

16. Kojiro Shiraishi (JPN/DMG Mori Global One) 2.677,8 

17. Alan Roura (SUI/La Fabrique) 2.690,6 

18. Stéphane Le Diraison (FRA/Time For Oceans) 2.702,0 

19. Pip Hare (GBR/Medallia) 2.846,6 

20. Didac Costa (ESP/One Planet One Ocean) 2.925,7 

21. Manuel Cousin (FRA/Groupe Sétin) 3.792,2 

22. Miranda Merron (GBR/Campagne de France) 3.953,3 

23. Clément Giraud (FRA/Compagnie du lit-Jiliti) 4.039,7 

24. Alexia Barrier (FRA/TSE-4myplanet) 5.629,7 

25. Ari Huusela (FIN/Stark) 5.724,8 

   

Mercredi 27 janvier - jour 80 : Un sprint final entre cinq skippers totalement inédit et un premier arrivé qui pourrait ne pas être le vainqueur : le dénouement du Vendée Globe se joue aujourd’hui dans un suspense à couper le souffle après 80 jours de mer. 

Au bout de la nuit, qui sera le grand vainqueur parmi ces cinq marins : Charlie Dalin (Apivia), l'Allemand Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco), Louis Burton (Bureau Vallée 2), Thomas Ruyant (LinkedOut) ou Yannick Bestaven (Maître Coq IV) ? Charlie Dalin est toujours en tête et est à moins de 200 milles de la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne. 

L’incertitude est totale et les skippers puisent dans leurs dernières ressources. « C’est vraiment le mental qui joue car cela peut se décanter d’une étrave sur la ligne ! Mais j’ai une bonne motivation et ça aide à régler les ficelles. C’est difficile forcément ce genre d’arrivée… Là, je vais rentrer dans le golfe de Gascogne et je vais prendre mes derniers fichiers météo… », indique Louis Burton ce mercredi matin. « Je ne sais pas comment aller plus vite. Il y a un peu de fatigue, c'est sûr, mais maintenant je suis sous petit gennaker, un ris, et le bateau accélère parfois jusqu'à 27 nœuds. J'ai 25 nœuds de vent au large du cap Finisterre en ce moment et ça devrait durer comme ça jusqu'à la fin. », précise Boris Herrmann. 

Les ETA pour les 5 premiers : 

- Charlie Dalin (Apivia) : au plus tôt 18h30, plus probablement 20h 

- Louis Burton (Bureau Vallée 2) : 4h après le 1er 

- Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco) : 5h après le 1er 

- Thomas Ruyant (LinkedOut) : 8h après le 1er 

- Yannick Bestaven (Maître Coq IV) : 8h30 après le 1er 

Mardi 26 janvier - jour 79 : La dernière ligne droite ! Dans un peu plus de 24 heures, les premiers marins du Vendée Globe vont franchir la ligne d’arrivée aux Sables-d'Olonne. Si Charlie Dalin (Apivia) est toujours en tête avec 85 milles d’avance sur Boris Herrmann (Seaexplorer – Yacht Club de Monaco), celui-ci ne sera peut-être pas le grand vainqueur de cette 9e édition même en coupant la ligne le premier. Dans la nuit de mercredi à jeudi, il faudra attendre, montre en main, les arrivées de l’Allemand et de Yannick Bestaven (Maître Coq IV) pour prendre en compte les temps de compensation et connaitre celui qui remportera le Graal. Herrmann s’accroche donc au sillage de Dalin. Dans un trio avec Louis Burton (Bureau Vallée 2), ils coupent le cap Finistère et s’approchent de la pointe de l’Espagne. Dans l’autre stratégie, où figure Bestaven avec Thomas Ruyant (LinkedOut), le duo a fait le choix d’une route plus nord pour naviguer avec plus de pression. Le golfe de Gascogne est désormais le dernier terrain de jeu pour ces cinq marins à la lutte pour la victoire et le podium. 

Jusqu’aux Sables, tant que la ligne d’arrivée n’est pas coupée, tout peut arriver ! La preuve avec Benjamin Dutreux (Omia - Water Family), neuvième de la course : « Je fais attention, j’ai touché quelque chose dans les safrans, il faut être vigilant jusqu’aux Sables-d'Olonne. J’essaye de rester concentré pour le finish. Il faut que je fasse attention, car quand on prend ses aises, il y a moyen de faire des bêtises ! » 

Lundi 25 janvier - jour 78 : Le Vendée Globe entre dans sa dernière semaine de course pour la victoire finale. Les ETA annoncent toujours une arrivée des cinq premiers mercredi qui, ce lundi, continuent de tricoter pour trouver le chemin le plus rapide en fonction de leurs capacités. Aux pointages de 5 h et 9h, Charlie Dalin (Apivia) a repris le fauteuil de leader à Louis Burton. Appuyé sur son foil tribord, il peut enfin exploiter son potentiel de vitesse à 100%. Si Yannick Bestaven (Maître Coq IV), avec ses 10 h 15 de bonification, et Thomas Ruyant (LinkedOut), bataillent pour accrocher la plus belle des places sur le podium, la victoire semble se jouer entre trois skippers : Dalin, Louis Burton (Bureau Vallée 2) et Boris Herrmann (Seaexplorer – Yacht Club de Monaco). Le premier accuse 23,8 milles de retard sur le leader, et l’Allemand, qui bénéficiera à l’arrivée de 6 heures de bonification, est à 71,8 milles. Une chose est sûre : ça va vite devant et rien n’est encore joué à deux jours de l’arrivée. 

Derrière, Jérémie Beyou (Charal) a passé l’équateur dans la nuit en 14e position. En queue de flotte, Alexia Barrier (TSE - 4 myplanet) et Ari Huusela (Stark) ont paré le Cap Horn. Pour la première fois depuis 1990, le dernier du Vendée Globe a franchi le 3e cap de la course avant l’arrivée du vainqueur. 

Dans la soirée lundi, Isabelle Joschke (MACSF) a touché terre suite à son abandon le 9 janvier dernier. La Franco-allemande a rallié Salvador de Bahia et est enfin en sécurité.