L'or blanc vendéen
Modifié le 12/10/2012 à 11:06
La filière sel en Vendée
Le sel marin fait depuis des siècles la fierté de l'Ile de Noirmoutier et d'une partie du littoral vendéen.
Garants d'une tradition, les sauniers produisent un produit noble, qualifié d'or blanc, et récolté, en Vendée, à la main.
Les premiers sauniers, jadis, sont agriculteurs. Ils commencent à exploiter le sel, un produit qui devient vite une valeur d'échange. Sa première fonction reste la conservation des aliments.
Histoire des sauniers de Vendée
Au fil des siècles, les sauniers vendéens, face à la concurrence des salines méditerranéennes, décident de s'unir, pour sauver leur profession, et pour assurer la notoriété de leur sel.
Aujourd'hui encore, à Noirmoutier, une centaine de sauniers, regroupés en coopérative, cultivent les 3 000 œillets des marais salants de l'Ile.
Sur le littoral vendéen, d'autres sauniers, dont une dizaine à Beauvoir-sur-Mer, quatre à l'Ile d'Olonne, sans oublier les sauniers des Sables-d'Olonne ou de Talmont-Saint-Hilaire, perpétuent le geste ancestral des « chercheurs d'or blanc », s'installent à leur compte et font de la vente directe.
Dans les deux cas, les sauniers, à Noirmoutier et tout au long du littoral, ont en commun la volonté de sauvegarder leur savoir-faire mais aussi l'envie de faire vivre leur filière qui participe au développement économique de la Vendée : « Les sauniers de la baie de Bourgneuf participent au dynamisme économique de notre canton, assure Michel Dupont, conseiller général de Beauvoir-sur-Mer. Mais ils sont aussi un patrimoine vivant de l'histoire du marais breton vendéen ».
Le sel participe au développement touristique
Les Vendéens et les touristes ne s'y trompent pas. Ils sont de plus en plus nombreux à aller à la rencontre des sauniers.
Ceux-ci ouvrent volontiers les portes de leurs cabanes à sel et font visiter les marais salants tout en expliquant l'histoire du sel. Leur métier a la particularité de conjuguer la vie en entreprise, la valorisation du patrimoine et le développement touristique.
D'autant plus en Vendée où naît un sel unique. La terre argileuse permet de construire des œillets étanches nécessaires à l'évaporation.
Le temps ensoleillé et les douces brises estivales sont des conditions idéales pour une récolte régulière. Et surtout, les sauniers vendéens sont parmi les rares, en France, à récolter le sel, à la main.
La Vendée soutient la filière sel
Afin de préserver ce produit noble, le Conseil général multiplie les aides à l'installation des jeunes sauniers et accompagne, particulièrement aujourd'hui, la coopérative des producteurs de sel de Noirmoutier :
« Nous sommes toujours entendus par le Conseil général quand on en a besoin, note Philippe Naud, président de la coopérative des producteurs de sel de Noirmoutier. Ce soutien est d'autant plus important cette année où nous voulons devenir propriétaires de notre avenir. La société Aquasel, propriété d'Eurial, qui valorisait et commercialisait notre sel jusqu'à cette année, est en vente. Face à notre volonté de racheter la société, afin de maîtriser l'ensemble de la filière sel de l'île, le Département a toujours répondu présent, et ce, depuis le début. »
Aquasel emploie une vingtaine de personnes et commercialise près de 2 000 tonnes de gros sel, de sel fin et de fleur de sel par an. Le groupe Eurial, souhaitant recentrer son activité sur son métier d'origine à savoir la collecte et la transformation du lait, a mis en vente Aquasel.
Les coopérateurs de l'Ile de Noirmoutier ont souhaité se porter acquéreurs de cette entreprise pour maîtriser l'ensemble de la filière, de la production à la commercialisation et envisager un avenir serein pour les exploitations familiales des producteurs :
« L'avenir de la filière sel de Noirmoutier est en jeu, note Jacques Oudin, conseiller général du canton de l'île de Noirmoutier. Notre objectif est audacieux : cela ne se fera pas du jour au lendemain mais, forts de ce savoir-faire transmis depuis des générations, nous voulons augmenter la production de chaque exploitant et atteindre le chiffre de 6 000 œillets, d'ici dix à quinze ans. »
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