Conseil départemental de la Vendée

La Vendée à l’abri des cultures OGM

Publié le 05/10/2012 à 14:58
Modifié le 12/10/2012 à 08:44
Le Conseil général de la Vendée a décidé de placer le département à l’abri des cultures d’organismes génétiquement modifiés.

Les cultures bio menacées de contamination

« Nous pourrons demander à l'État d'exclure toute culture d'OGM dans notre département », propose Philippe de Villiers, président du Conseil général de la Vendée.    

Ce souhait rejoint celui des producteurs de miel du département et des agriculteurs bio. Depuis quelques années, François Plessis travaille au Gaec la Clé des champs, à Saint-Germain-de-Prinçay. Pour conserver son label bio, le Gaec doit respecter un certain nombre de principes. Notamment celui de ne pas produire de culture OGM. « L'installation de cultures OGM près de chez nous serait inquiétante. En effet, je ne vois pas comment le pollen ou les graines de ces cultures, emportés par les insectes, les oiseaux ou le vent ne viendraient pas dans nos champs. Nous produirions à notre tour des produits issus de plants d'OGM. Aucune garantie sérieuse nous a été fournie. Nous ne pourrons plus assurer l'origine de nos plantations », explique le jeune agriculteur.  

À ce premier problème s'ajoute celui des cultures stériles. Les semences issues des cultures OGM sont souvent stériles. « Or, l'un des principes d'une exploitation bio est de produire ses propres semences, ajoute François Plessis. Les graines que nous semons dans nos champs sont issues des cultures de la saison précédente. Si nos cultures sont contaminées par des pollens OGM et deviennent stériles, nous ne pourrions plus appliquer ce principe. Dans le pire des cas nous finirions, nous aussi, par être dépendants des multinationales qui produisent des OGM. »   

Exclure toute plantation d'OGM de la Vendée permettrait de garantir l'origine de toutes les cultures. « Grâce au label « Vendée sans OGM » cela peut se faire au nom de l'article L.642-5-1 du Code rural. Il prévoit des mesures spéciales de sauvegarde « lorsque cela est nécessaire à la protection d'un signe d'identification de la qualité et de l'origine », précise Philippe de Villiers.    

  

Nouvelle menace pour les abeilles

« Pas d'agriculture sans insectes pollinisateurs indispensables à la reproduction de nombreuses espèces végétales cultivées ou sauvages », rappelle Frank Aletru, président du Centre vendéen de recherche et de sélection apicole.   

Face aux OGM, les apiculteurs lancent un cri d'alarme : « Oui, il faut protéger les cultures des parasites, mais attention à ne pas mettre en danger les autres insectes utiles. »   

Pour éradiquer les larves de pyrales, chaque pied de maïs génétiquement modifié produit alors son propre insecticide, depuis les racines jusqu'au pollen. Les abeilles et autres insectes pollinisateurs récoltent ce pollen pour nourrir avec leur colonie, en particulier les jeunes larves. C'est comme s'ils se nourrissaient d'insecticide.  

« Nous sommes sceptiques vis-à-vis des OGM parce qu'aucune évaluation n'a été réalisée sur leur impact sur les insectes pollinisateurs. L'effet n'est pas forcément radical, mais il pourrait toucher la longévité des abeilles, la résistance des larves… D'une part, nous voudrions que les évaluations des risques soient réalisées par des laboratoires publics et indépendants et pas uniquement par les entreprises qui produisent et commercialisent les OGM. D'autre part, il serait pertinent de développer la recherche pour mettre en place d'autres méthodes de lutte contre les parasites des cultures plus respectueuses de l'environnement » conclut Frank Aletru. 

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