Conseil départemental de la Vendée

Dans la douleur, Alexia Barrier devient la 10e navigatrice de l'histoire à finir le Vendée Globe

Publié le 28/02/2021 à 12:11

Malgré les blessures, Alexia Barrier a terminé son Vendée Globe sur le bateau le plus vieux de la course. 24e, elle boucle son premier tour du monde en 111 jours, 17 heures et 3 minutes. 

« Rien n’est impossible ! » Voilà ce que retient Alexia Barrier de son Vendée Globe. C’est dire que la skippeuse nous a donné une leçon de vie et d’abnégation pour boucler son premier tour du monde. Un parcours qu’elle a réalisé avec le plus vieux bateau de la flotte : le mythique Pingouin construit pour Catherine Chabaud et qui vient de boucler son cinquième Vendée Globe avec Alexia Barrier à son bord. « Il a 22 ans, on va le mettre à la retraite ! », rigole la 83e skippeur, femmes et hommes confondus, à franchir la ligne d'arrivée de l'Everest des mers. 

« Je me déplaçais sur le pont en rampant » 

Solide comme un roc, le Pingouin a ramené sa navigatrice malgré les avaries. « Quand j’ai failli démâter, le mât s’est plié à 90° ça m’a paru fou. J’ai mesuré la chance que j’avais d’être encore en course ». Cette course aurait pu s’arrêter précipitamment à quelques jours de l’arrivée après une mauvaise chute dans son bateau. « Je suis tombée il y a plus d’une semaine. Je ne pouvais plus du tout marcher, je me déplaçais sur le pont en rampant. Je ne pouvais pas tourner les manivelles, je ne pouvais pas dormir et monter dans la bannette. » Si Alexia Barrier rassurait sur son état de santé, elle a remonté le ponton à l’aide d’une béquille et est partie passer des examens à l’hôpital rapidement après avoir mis le pied à terre. « Je pense qu’il y a une petite fracture au niveau d’une vertèbre donc on va évaluer ça plus précisément. », précise Jean-Yves Chauve, médecin de la course qui l’a accompagné tous les jours depuis son accident. 

« Sans les médicaments je n’arrivais pas à bouger » 

« Jean-Yves est formidable ! Il connait très bien ce qui est traumatologie en course au large. Il a bien compris ce qu’il se passait sans m’avoir vu. Tous les jours on se parlait, il me donnait des nouvelles, il m’a prescrit des médicaments. Ça m’a aidé à tenir le coup car sans les médicaments je n’arrivais pas du tout à bouger. », raconte la skippeuse de TSE-4Myplanet. Au chevet de sa patiente pas comme les autres, le docteur Chauve devait veiller à distance à la santé d’Alexia mais aussi au bon déroulement de sa course. « La difficulté était de donner des antidouleurs mais sur un bateau, quand on est tout seul, le problème de l’antidouleur c’est qu’il ne doit pas vous faire dormir, explique Jean-Yves Chauve. Elle arrivait dans une zone avec beaucoup de trafic, des bateaux de pêche, le rail des cargos, sans compter qu’elle avait des petits soucis électroniques. Donc il fallait à la fois la soulager et ne pas lui donner un traitement trop fort qui risquait de l’endormir et lui faire perdre de la vigilance. On a dû moduler et trouver le bon équilibre entre le bon soulagement et vigilance. » 

« Avec de la volonté, du travail et à force de garder un esprit optimiste, on peut relever tous les défis, tous les problèmes qui se dressent devant nous, témoigne Alexia Barrier. L’esprit et le corps humain sont incroyables. Après 111 jours de mer, tenir le coup encore pour passer la ligne d’arrivée, c’est juste la force du mental qui fait le job. » Un esprit conquérant que n’a pas oublié de souligner le Dr. Chauve : « Être capable de continuer en solitaire, après avoir navigué plus de trois mois dans un état de fatigue lié à cette navigation dans des conditions difficiles. Je suis très admiratif. » Une persévérance à l’image de la formidable course des 6 femmes de ce Vendée Globe. « Entre celles qui ont continué malgré leur situation d’abandon et Alexia qui souffrait de façon importante, le fait de revenir jusqu’aux Sables est quelque chose pour moi de vraiment admirable. », félicite le médecin de la course. 

6 femmes au départ, 6 arrivées. 

Alexia Barrier devient donc la 10e navigatrice de l’histoire à boucler un Vendée Globe et vient valider le presque carton plein sur cette édition. « Nous étions 6 femmes au départ, et 6 à l’arrivée, en course ou hors course, peu importe. J’ai trouvé cela hyper courageux de la part d’Isa (Joschke) et de Sam (Davies) de repartir, se réjouit Alexia Barrier. Il faut que ce soit quelque chose de normal d’avoir plus de femmes sur le Vendée Globe. C'est inspirant pour toutes les petites filles, qui veulent faire de la voile ou autre chose. Il n’y a pas d’histoire de genre, c’est une histoire de détermination et de travail ! ». Même blessée, la navigatrice n’a rien perdu de tout ça et a déposé sa candidature pour 2024 : « J’ai déjà réfléchi au bateau que je veux acheter pour dans 4 ans. » 

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