Conseil départemental de la Vendée

Jean Le Cam : « J’ai connu l’insoutenable mais j’y suis arrivé ! »

Publié le 29/01/2021 à 04:58
Modifié le 29/01/2021 à 05:00

Comment s’est passé votre 5e Vendée Globe ? 

JLC : "J’ai connu pas mal de choses difficiles dans ma vie. Là j’ai connu l’insoutenable mais on y arrive quand même. Tu te dis ce n’est pas possible. Être là aujourd’hui c’est un miracle, incroyable. En plus y a le classement. Je n’ai pas eu beaucoup de chance dans ma vie mais là j'étais servi." 

C’était plus dur qu’en 2008 lorsque vous avez été sauvé par Vincent Riou ? 

JLC : "Quand on chavire pendant et que l’on attend 19 h, c’est long mais là c’est un mois et demi, chaque jour chaque heure, chaque vague. J’étais dans le front chaud et le lendemain, la coque bougeait. J’ai réparé une première fois. Puis une deuxième fois ça a recassé, j'ai fait des réparations, puis le séchage… et depuis chaque jour, il ne faut pas que ça tape. Je voulais plus aller devant. Je suis arrivé, Hubert (son bateau) m’a ramené." 

Avez-vous pris du plaisir durant cette édition ? 

JLC : "Quand on est stressé du matin au soir, tu ne prends pas beaucoup de plaisir. Au Cap Horn il y avait 45-50 nœuds de vent, je suis passé à 100 miles. Puis après j’ai eu des conditions de rêve. Tu remontes au nord et puis tu te dis : quitte à être dans un radeau de survie, mieux vaut avoir chaud." 

Est-ce que vous repartirez ? 

JLC : "Je n’en sais rien. À chaud, je ne repars pas demain ! On me pose la question à chaque fois. Je suis content d’être arrivé. Le reste de ma vie va continuer. Je suis sur le Vendée Globe depuis un sacré moment..." 

Qu’est-ce qui vous pousse à repartir à chaque fois ? 

JLC : "C’est des extrêmes. Des choses inatteignables au quotidien. Faut-il connaître le mal pour connaitre le bien ? C’est une question que je me suis posée. C’est le Vendée Globe, tu passes des moments… Si tu cumules les ennuis cela devient l’enfer mais si tu sors ça devient le bonheur. Aujourd’hui, j’ai passé la ligne. C’est génial dans des proportions hors du commun. Les gens sont là dans le chenal à 2 h – 3 h du matin. Tu sens cette âme cette profondeur cette sincérité.  Cette beauté-là jamais tu peux l’avoir dans la vie. C’est pourquoi c’est un plaisir extrême. C’est incomparable. Je viens de très bas et je monte très haut. Je me suis cassé une cote il y a quinze jours. Je ne sais pas ce que je vais faire dans les prochains jours et c’est très bien de ne pas savoir !" 

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