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L’enjeu du déconfinement sera d’évaluer la proportion de la population ayant été contaminée. Le besoin en tests de dépistage est donc majeur. Le Laboratoire du Conseil départemental peut techniquement y participer. Ne manque que l’autorisation de l’État.
Le président du Département, Yves Auvinet, vient d’écrire au ministre de la Santé, Olivier Véran, pour demander à l’État d’autoriser le laboratoire départemental (Laboratoire de l’environnement et de l’alimentation de la Vendée) à réaliser des tests de dépistage du Covid-19. La demande d’Yves Auvinet intervient alors que l’État a annoncé « une montée en charge rapide des capacités de dépistage » (Les Echos, 30.03), en visant notamment la sortie du confinement, lorsque la propagation du virus sera stoppée. Avec un objectif prioritaire : évaluer la part de la population immunisée. En l’absence de vaccin, plus elle sera importante plus le risque d’une deuxième vague sera limité.
Pour le ministre de la Santé, « nous savons déjà que l’enjeu sera de pratiquer des tests sérologiques pour identifier quels sont les Français qui ont eu la maladie, parfois sans le savoir. Si le taux est trop faible, le virus pourrait repartir » (Le Journal du dimanche, 29/03). Bref, le confinement est indispensable pour limiter la propagation du virus afin d’étaler dans le temps le nombre de cas devant être hospitalisés et préserver ainsi les capacités d’accueil des hôpitaux, notamment pour la prise en charge des malades nécessitant d’être intubés. Mais – et c’est là le paradoxe – en l’absence de vaccin, plus la population aura été contaminée plus elle sera immunisée contre le risque d’une deuxième vague… De fait, pouvoir l’évaluer est capital.
Le labo départemental de la Vendée techniquement prêt
Les besoins en tests sont et seront donc considérables. C’est là que les laboratoires départementaux – on en compte près de 75 en France – pourraient contribuer à la mobilisation. Dans son courrier, le président du Département rappelle que les laboratoires départementaux ont toutes les compétences techniques pour réaliser ces tests. Le Laboratoire de l’environnement et de l’alimentation de la Vendée, qui a l’habitude de réaliser des analyses de biologie moléculaire et de sérologie en grande quantité, a, par exemple, déjà été mobilisé « à plusieurs reprises par différents ministères pour réaliser de grandes séries analytiques, en un temps réduit, lors de crises sanitaires (ESB, Fièvre Catarrhale Ovine) et plus récemment lors de la crise environnementale liée à l’accident industriel Lubrizol », souligne Yves Auvinet dans son courrier à Olivier Véran. Problème : ils n’ont pas l’autorisation légale leur permettant d’intervenir dans le champ de la biologie humaine.
Seule manque l’autorisation de l’État
À circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles : le Département demande donc à l’État que son laboratoire puisse exceptionnellement être autorisé à renforcer la mobilisation des acteurs dans le cadre de l’urgence sanitaire actuelle en réalisant des tests Covid-19. Et Yves Auvinet de rappeler la compétence et le sérieux reconnus au Laboratoire départemental qui intervient entre autres dans les domaines de la santé animale, de l’alimentation humaine et animale, des eaux et de l’environnement : « accrédité depuis plus de vingt ans par le Comité français d’accréditation (COFRAC), et régulièrement audité sur ses capacités techniques et son impartialité, le Laboratoire de l’environnement et de l’alimentation de la Vendée, dispose, rappelle le président du Conseil départemental dans son courrier, de locaux de haute sécurité (NSB2+) et est prêt à se mobiliser en suppléance, selon le principe de subsidiarité, pour venir en appui des capacités actuelles des laboratoires d’analyses de biologie humaine ». Si l’autorisation était donnée, le laboratoire départemental travaillerait bien sûr en étroite relation avec le Centre hospitalier de Vendée, qui est actuellement en charge des analyses de dépistage du Covid-19. Une convention, par exemple, pourrait encadrer son activité.
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Le Journal de la Vendée n° 299 - septembre 2023
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