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Depuis les années 2010, Le Département de la Vendée et le Sydev, le syndicat public des énergies vendéennes, s’engagent dans le développement d’un mix énergétique local et vert.
Avec la mise en place d’infrastructures pour la mobilité électrique dès 2014, puis le développement du bioGNV (Gaz naturel pour véhicule) et plus récemment de l’hydrogène vert, les solutions décarbonnées se multiplient dans le département. Grâce aux atouts de notre territoire : le vent (éoliennes), le soleil (photovoltaïque) et l’activité agricole (méthanisation), la Vendée mise sur des énergies créées, mais aussi distribuées, localement. « Nous devons nous appuyer sur nos atouts et nos savoir-faire pour produire notre propre énergie verte et être moins dépendant », déclare Alain Leboeuf, président du Département de la Vendée et du producteur local d’énergies renouvelables, Vendée énergie.
Produire de l’énergie verte
Afin de produire de l’électricité verte sur tout le territoire, le Sydev s’appuie sur le photovoltaïque et l’éolien. Avec sa branche Vendée ombrières, le syndicat de l’énergie en Vendée construit et exploite des centrales solaires intégrées à des ombrières de parkings publics et privés. Récemment, Vendée énergie a par exemple équipé les parkings du groupe vendéen Beneteau. « D’ici fin 2024, nous aurons ainsi installé quatre hectares de panneaux photovoltaïques sur nos sites de production de Vendée et Maine-et-Loire. La production d'électricité qui en découlera correspond à la consommation de 20 000 foyers », explique Éric Gréaud, directeur Hygiène sécurité environnement énergie au sein du groupe Beneteau.
En Vendée, huit parcs, soit 55 éoliennes, sont exploités par Vendée énergie. Ainsi, l’énergie du vent permet de produire 126 GWh par an.
Le bioGNV (Gaz naturel véhicules) est un carburant 100% renouvelable produit à partir de déchets issus de l’industrie agro-alimentaire, de la restauration collective, de déchets agricoles et ménagers ou encore de boues de stations d’épuration. « Avec la méthanisation, les déchets deviennent de vraies matières premières », se réjouit Didier Moussieau, conseiller collectivités territoriales chez GRDF. Depuis 2012, la Vendée développe cette énergie sur son territoire. Aujourd’hui, elle compte treize unités de méthanisation qui produisent 285 GWh par an, ce qui en fait le premier département producteur de bioGNV en France.
Par exemple, au Poiré-sur-Vie, MéthaVie, un méthaniseur pensé et fondé par 19 exploitants agricoles soucieux de revaloriser leurs déchets, traite 38 000 tonnes d’intrants (fumier, résidus de culture…) par an et produit ainsi 27 000 MWh chaque année. « Cela représente 10% de la production de biométhane en Vendée », ajoute Pascal Kozerawski, chef d’exploitation de MéthaVie.
À Bouin, Lhyfe exploite le premier site mondial de production industrielle d’hydrogène 100 % écologique. Ici, l’énergie utilisée pour produire l’hydrogène vert est issue directement du parc éolien situé à 3 km de l’usine. L’eau, quant à elle, vient de la mer à proximité. Lhyfe produit quotidiennement 300 kg d’hydrogène et compte bientôt atteindre une tonne chaque jour. En moyenne, 1 kg d’hydrogène permet de réaliser 100 km.
Distribuer et consommer de l’énergie verte
Depuis les années 2010, des infrastructures ont été développées successivement pour les véhicules électriques, BioGNV et hydrogène vert. Le maillage progressif du territoire pour la distribution de ces trois énergies offre un choix alternatif aux Vendéens et adaptés selon les usages de chacun. « C’est primordial pour le Sydev qu’une partie de la production puisse revenir aux Vendéens eux-mêmes », ajoute Laurent Favreau, président du Sydev.
En Vendée, territoire à dominante rurale, 94% des déplacements se font en voiture individuelle. C’est pourquoi il est important pour le Sydev et le Département de proposer des solutions plus vertes aux habitants. Les efforts menés depuis plus de dix ans payent : l’achat de véhicules électriques se démocratise fortement, l’usage de véhicule roulant au bioGNV s’accélère et l’hydrogène commence également à se développer.
Du côté des collectivités, le Département les encourage à s’équiper de véhicules décarbonnés avec une aide financière pouvant aller de 5 000 à 80 000€. Ainsi, depuis plusieurs mois, l'agglomération et la ville des Sables-d'Olonne développent par exemple leur flotte de véhicules verts : bus au bioGNV, bus hydrogène, balayeuse hydrogène, bennes à ordure hydrogène… Le Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, quant à lui, s’est doté de deux camions bennes roulant à l’hydrogène et s’approvisionne dans sa propre station hydrogène située à Givrand.
Surtout adaptée aux véhicules légers, l’électricité permet d’effectuer de courtes et moyennes distances. Le nombre de recharges enregistrées sur les bornes publiques vendéennes ont été multipliées par cinq en seulement trois ans.
Les chiffres clés :
- 105 bornes publiques de recharge électrique dont : 89 normales, 12 rapides, 4 superchargeurs (au moins un point de recharge tous les 20 km)
- 3 700 sessions de charge/borne chaque mois
Concernant le gaz naturel, 269 véhicules, dont 113 poids lourds et 70 bus, roulent au bioGNV en Vendée. La consommation de bioGNV vendéen a augmenté de 60% entre 2022 et 2023. Aujourd’hui, le bioGNV trouve largement sa place auprès des véhicules lourds notamment. « Le maillage territorial de nos stations bioGNV permet de répondre aux besoins des professionnels et des collectivités dans des zones d’activité stratégiques de la Vendée et donc d’impulser le développement de l’utilisation de véhicules bioGNV », explique Laurent Sorin, chargé de projets et d’exploitation GNV pour Vendée énergie. C’est ainsi que l’entreprise Sovetours, qui gère notamment les transports scolaires en Vendée avec Aléop, a pu s’équiper de 53 bus bioGNV. « Le réseau des stations aux quatre coins du département nous a permis d’étendre notre flotte au gaz naturel », justifie Bastien Raineteau, directeur d’exploitation à Sovetours.
Le chiffre clé :
- 7 stations bioGNV (Challans, Les Sables-d’Olonne, La Roche-sur-Yon x2, Les Essarts, Fontenay-le-Comte et Mortagne-sur-Sèvre)
Quant à l’hydrogène, une quatrième station ouvre tout juste à Maché. Financée et gérée par l’entreprise Brétéché, elle a pour vocation de distribuer de l’hydrogène vert produit à Bouin par Lhyfe à des professionnels. Cette énergie est tout à fait adaptée à un usage lourd et intensif, c’est une solution qui vient compléter les deux autres (électricité et bioGNV) en n'émettant aucune émission polluante ni sonore. « À La Roche-sur-Yon, nous utilisons de petit bus électriques, les gros bus roulent quant à eux à l’hydrogène et au bioGNV », explique Alexandre Galvez, directeur de CTY, exploitant du réseau Impulsyon.
Les chiffres clés :
- 4 stations hydrogène (La Roche-sur-Yon, Les Sables-d’Olonne, Givrand, Maché), dont 2 stations multi-énergies (La Roche-sur-Yon, Les Sables-d’Olonne)
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Le Journal de la Vendée n° 299 - septembre 2023
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