Conseil départemental de la Vendée

Vendée Globe - Armel Tripon : " Chaque jour j’étais heureux"

Publié le 01/02/2021 à 11:08
Modifié le 01/02/2021 à 11:30

À 7 h 27 lundi matin, Armel Tripon a franchi la ligne d’arrivée du Vendée Globe. Après 84 jours 17 heures 07 minutes et 50 secondes, il est entré dans le chenal des Sables-d'Olonne sous voiles et avec un sourire radieux. 

Il est le onzième marin à rentrer au port. Après 72 heures de calvaire, bloqué par une énorme dépression au large du Portugal, Armel Tripon a enfin mis le pied à terre en Vendée. « Ce n’était pas très agréable comme attente ! », rigole jaune le skipper nantais mais toujours avec le sourire aux lèvres. C’était le plus gros coup de vent que j’ai pris. Faut faire le tour du monde pour comprendre que les plus grosses tempêtes sont chez nous. » Un « paysage sauvage » digne des mers du Sud. « La mer était blanche, il y avait des grains à 50 nœuds. Cette brutalité de la nature il n’y a qu’en course qu’on peut retrouver ces moments-là », décrit le 11e de la 9e édition. 

« Aucune course ne ressemble au Vendée Globe » 

Pour rejoindre l’arrivée, Armel Tripon s’est faufilé dans un trou de souris entre les deux grosses dépressions hivernales qui frappent le golfe de Gascogne. Face à une mer démontée, il est entré dans le chenal des Sables-d'Olonne sous voile. Avec son équipe à bord, il a affalé sa grand-voile devant les quelques Sablais venus braver la tempête pour saluer le nouvel arrivant de cette 9e édition.  

Cette fin de course « particulière » est un peu à l’image de l’ensemble du Vendée du Nantais. À bord de son magnifique foiler jaune et noir l’Occitane en Provence, il a fait la course dans la position du chasseur. « Je me suis lancé dans une course-poursuite. Rattraper des bateaux c’était motivant. Je me suis accroché à ça ». Toujours philosophe, Armel Tripon a vécu une aventure extraordinaire : « chaque jour j’étais heureux d’être là. Pouvoir régater avec ce bateau exceptionnel, je ne voulais pas gâcher ce rêve. Il n'y a aucune course qui ressemble au Vendée Globe, elle est unique ». 

84 jours de bagarre  

Inégalable, l’Everest des mers ne laisse jamais indifférents ceux qui s’engagent au départ. « Forcément ça ne laisse pas indemne, témoigne Armel Tripon. Se bagarrer pendant 84 jours avec autant d’envie, mettre autant d’abnégation, d’engagement. Je vais en sortir meilleur, différent, et ça va m’aider pour la suite ». En mer, l’homme a découvert un « sentiment de liberté incroyable » que seule cette course peut offrir. « Je ne l’ai jamais ressenti aussi fort. Chaque moment était intense à vivre ! Il y a une communion avec la nature qui est très forte sur un Vendée Globe ». 

En osmose avec son Imoca dernière génération, Armel Tripon s’est éclaté sur son monocoque : « Mon bateau est vraiment fait pour cette course. Il est très agréable à vivre, je me suis bien entendu avec. On était assez copain et il me l’a bien rendu car j’arrive au bout ». Fier d’avoir « rempli (sa) mission » en coupant la ligne d’arrivée, le skipper de 45 ans est déterminé à remettre les voiles dans 4 ans. « Je vais revenir pour jouer la gagne, répond-il sans hésitation. Maintenant j’ai une bonne vision de ce qu’il faut avoir et de ce qu’il faut faire pour partir en étant prêt à 100%. On a manqué un peu de temps mais on a un vrai projet compétitif dans 4 ans avec le même bateau ». En 2024, le somptueux Imoca à l’étrave arrondie et aux foils gigantesques brillera de nouveau à quai du ponton des Sables. 

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