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Plus longue qu’attendu, cette 9e édition du Vendée Globe contraint les premiers skippers à rationner leur nourriture depuis quelques jours déjà.
79e jour de course. Nous sommes à la veille des premières arrivées du Vendée Globe. Avant le départ le 8 novembre dernier, certains imaginaient une course hyper rapide grâce à des bateaux toujours plus performants. Alors, les skippers partis de Port Olona pour la gagne ont parfois embarqué juste ce qu’il fallait de réserves de nourriture, pour alléger au maximum les Imoca. Alex Thomson, skipper Hugo Boss, avait même annoncé qu’il n’embarquerait « que 67 jours de nourriture ». Mais contrairement aux pronostics, personne n’a battu le temps d’Armel Le Cléac’h d’il y a quatre ans : 74 jours 3 h 35’.
En tête de la course, Charlie Dalin se contente de restes depuis déjà quelques jours. C’était en direct que le skipper Apivia a ouvert son 76e et dernier sac de nourriture, symbole d’une fin de course imminente pour le navigateur.
Faire sécher au soleil
Même régime pour Armel Tripon, 11e de la flotte ce mardi 26 janvier, qui a embarqué pour 80 jours de vivres. Il devrait en effet lui manquer l’équivalent de cinq jours de réserves. L’arrivée dans des « endroits un peu plus chauds » lui permet de « faire sauter un repas avec des barres de céréales en complément. » Le skipper de l’Occitane en Provence a aussi la possibilité de pêcher : « J'emmène toujours une ligne de traîne quand je suis en course. Si jamais je démâte ou j'ai une fortune de mer. Dans des endroits sans vent, c'est l'occasion de laisser filer la ligne et de regarder si on a une daurade au bout ou un thon à faire griller ou cuire avec du citron ».
A une dizaine de jours de son arrivée, Damien Seguin, lui, a eu la mauvaise surprise de découvrir son dernier sac de provisions inondé d’eau de mer. « J’en ai jeté pas mal et je tente de faire sécher au soleil ce qui n’a pas trop pris la flotte, a commenté le skipper Apicil sur Twitter. J’avais embarqué 90 jours, je vais juste me rationner un peu ».
Algues séchées au menu
Pas d’inquiétude donc pour les skippers de tête qui relativisent. Peut-être les mésaventures des éditions précédentes les ont-ils sensibilisés. On se souvient d’Armel Le Cléac'h en 2009, qui a terminé deuxième du Vendée Globe avec 8 kg en moins faute de nourriture à la fin de la course.
Yves Parlier, qui a démâté en 2000, était lui resté 15 jours à reconstruire son mât brisé en trois morceaux. Ses réserves alimentaires, calculées au jour près, ont alors fondues comme neige au soleil. Les algues séchées et le fruit de la pêche étaient devenus ses seuls repas. Une période qu’il décrivait comme « très difficile où je me suis écœuré des algues ».
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Le Journal de la Vendée n° 299 - septembre 2023
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