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Comment les agriculteurs vendéens traversent cette crise ?
"Certains secteurs ont été très touchés du fait du confinement et de la fermeture des frontières. Je pense aux canards que nous ne pouvons plus exporter ou vendre en restauration, le lait de chèvre, les pigeons, le gibier, le lait ou encore l’horticulture. Nos agriculteurs sont mobilisés pour produire mais il a fallu gérer des problèmes techniques pour permettre le bon déroulement de l’activité des exploitations agricoles : les autorisations de circuler des agriculteurs, des salariés et des saisonniers, il a fallu adapter les conditions de travail afin que les agriculteurs et leurs prestataires poursuivent leur activité en toute sécurité (gants, masques, distances, lavages de mains)."
L’agriculture a été touchée immédiatement ?
"Nous avons eu plusieurs phases : la première, c’est la ruée des consommateurs pour stocker voire sur-stocker, cela a surpris tout le monde. La deuxième étape est la fermeture de la restauration collective et commerciale. La vente de produits alimentaires en grande quantité s’est arrêtée du jour au lendemain avec parfois des chutes jusqu’à - 90 % y compris chez les agriculteurs qui effectuent de la vente directe. Il a fallu faire face au changement radical dans les circuits commerciaux : des consommations plus importantes mais en plus petites quantités comme les achats de steaks hachés qui ont augmenté de + 70 % ! Il a fallu réagir pour valoriser les produits locaux, trouver des fournisseurs et approvisionner les rayons des magasins."
Comment vous organisez-vous pour écouler vos stocks ?
"On voit les vertus d’aller sur le consommer local et produire français. Nous, agriculteurs, avons une mission : fournir cette alimentation. Nous devons être omniprésents. Nous arrivons à trouver les dispositifs et les débouchés : les petits magasins en vente directe ont ainsi multiplié par 3 voire par 6 leurs ventes du jour au lendemain. Nous sommes assaillis de demandes sur les produits qui sont en rupture de stock tous les jours. En Vendée, nous avons les ressources pour produire mais on ne peut pas produire plus du jour au lendemain, la nature a toujours ses droits."
Trouver des débouchés, cela passe-t-il par l’ouverture des marchés locaux ?
"Supprimer les marchés est contraire à la sécurité sanitaire. Il y a plus de monde dans les grandes surfaces alors que les producteurs sécurisent la distribution de produits locaux en préparant les poches pour les clients. Le site Place Vendée soutenu par le Département et les acteurs économiques doit permettre de vendre à proximité en toute sécurité."
Même si elle est loin d’être finie, quels enseignements tirez-vous de cette crise ?
"Le gouvernement se rend compte que l’agriculture est essentielle. En situation de crise, on revient aux fondamentaux. Un agriculteur, c’est sept emplois. C’est la réalité, l’agriculture est génératrice d’emplois et de de valeur ajoutée. La France doit avoir une certaine autonomie de production et de souveraineté alimentaire. J’espère que cette crise nous amènera à réfléchir sur notre agriculture et sur notre capacité à pourvoir tous les marchés des produits de première nécessité au haut de gamme."
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Le Journal de la Vendée n° 299 - septembre 2023
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